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Edito

Poésie & Cie...

Marges, intervalles, pas de côté et autre petits riens
mise à jour mars 2009

Aucune part de cerveau disponible pour cocacola ? Ca tombe bien, moi non plus !
Alors bienvenue, ami(e), voyageur de hasard ou de fortune, nomade et explorateur de la Toile, bienvenue dans mon caravansérail numérique !
Et sans naïveté, sans illusions, mais de toutes nos forces, résistons !

Recueils récents : 
 
Mars 2009 : tambours frappés à mains nues, prix d'édition poétique de la Ville de Dijon  (voir extraits sur cette page)

Mai 2009 : castillanes/.doc (Madrid, & Castille) chez Encres Vives, collection Lieu (voir extraits dans les rubriques)

Septembre 2009 : carnets du Leonardo Express (Rome), chez Encres Vives, collection Lieu (voir extraits dans les rubriques)

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Tambours frappés à mains nues, prix d'édition poétique de la Ville de Dijon, printemps des poètes 2009. 64p, 10 euros.
Plusieurs de ces textes ont été publiés dans la revue N4728 de janvier 2009.

(Voir les extraits des autres recueils signes de passage également dans les rubriques )
 

Extraits :

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 antienne égarée
……………………… déjà le jour boitait bas ralenti dans son ardeur encombré d’insoucieux bavardages obstiné tu avançais chasseur d’épiphanies de repentirs éparpillés psalmodiant quoi ? une antienne hésitante tu voulais l’offrir mais à qui bon sang à qui ? tu t’assieds au bord des êtres si peu acceptent d’être dérangés -ils ont les jours de tous les jours à pousser devant eux & ça prend tout leur temps la vie est faite pour ça à ce que l’on dit- toi aussi tu fais comme tout le monde essayant de ne rien égarer mais tes mains sont en sable elles ne retiennent pas grand chose et jamais ce que tu voudrais juste quelques mots que tu essaies d’asseoir là où tu peux avant de les oublier

 

 labyrinthe
……………… pour vivre il a fallu rêver puis renoncer brûler des promesses les chances lâchées en plein vol c’est à genoux jusqu’au sang qu’on s’en approche à tâtons on essaie de les retrouver mais crois-tu qu’elles nous aient attendus ? leurs couleurs ont changé alors comment les reconnaître ? le chemin se rétrécit c’est dans les pierres les ajoncs qu’on avance et sans cesse il faut retrouver la piste à la course des étoiles à l’inclinaison des blés à l’avancée des ombres il n’y a pas grand monde pour dire si l’on se trompe -et de toute façon comment sauraient-ils ce que l’on cherche ?- ne rien dire juste offrir le sel et l’eau et attendre que l’on reprenne la route rassasié prêt à poursuivre l’horizon à chercher la sortie du labyrinthe mais nous sommes notre propre Minotaure alors que faire ?

enigma
…………….. l’énigme la très grande énigme sombre comme un puits incessant déchiffrage des jours égrenés en cortège farandole procession cavalcade avec leurs cymbales percussions clochettes puis c’est le silence celui de l’ouverture du septième sceau et la trompette de l’ange où serons nous alors ? il n’y aura plus de temps parole d’Apocalypse le livre et l’aigle toutes nos ébauches esquisses les rituels qui nous sauvent liturgies craintives psalmodiées sur des autels de fortune & le souvenir des fleuves remontés à mains nues -mais qui nous croira ? -c’est le souffle qui nous manque on cherche une médiane glissando entre les récifs et l’on préfère le cabotage l’échelle de Jacob il y a longtemps qu’on l’a posée de travers et c’est à la descendre qu’on va le plus vite mais que voulez-vous nous ne sommes pas des géants

 pas épique
………..veinés d’oubli tendus d’énigme encombrés de clameurs les jours mains éveillées à guetter le battement du temps sur la peau nue ces jours ces jours pas toujours épiques où l’on s’abîme ces gestes les mêmes ces mots redits y croit-on ? envie d’envol de galop Mazeppa et steppes et déjà le jour baisse il faut acquiescer au soir qui arrive mais envie d’envol

 little big man
…….. le monde est trop grand nous voilà à tenter de le réduire à notre taille de l’ajuster à nos yeux accrochés à nos rituels rassurants ressassements répétitions accumulations précaires échafaudages il y a du bruit et de la lumière -bien trop- mais cela ne dure pas si longtemps après il n’y a plus rien ni bruit ni lumière game over c’est tout et les larmes de Didon pour ceux qui restent on rejoue les mêmes scènes dans les mêmes costumes où l’on se cache les mêmes peurs les mêmes désirs avec les mêmes mots les attentes infinies remaillage sans fin chaîne et trame le monde est compliqué il avance plus vite que nous comment garder l’équilibre ? nous voilà à tenter de combler le puits où tremble notre reflet on répète la grande scène du grand soir mais il n’y a pas grand monde pour applaudir c’est l’or du Rhin que l’on cherche on ne fait que déranger quelques poissons endormis silures moustachus têtards indécis mais sait-on jamais ? le monde est trop grand notre cœur trop petit et nos yeux et nos mains on s’applique à comprendre mais tout nous échappe il reste le bruit la fureur et cette histoire qui ne signifie rien on y croit quand même il faut bien on n’a rien d’autre et un jour la ronde s’arrête 

 
phone miracle
………………….je t’appelle réponds-moi réponds-moi vite téou téou dis-le moi que je sache en quels jardins sur quel quai devant quels yeux tu te trouves dove sei amore mio ? je veux tout savoir téou téou le cri hululement répandu déversé en vagues dérisoire écho de ce qu’on voudrait maîtriser & si je t’aime prends garde à toi alors téou téou je t’en prie décroche vous êtes sur la messagerie duvotre correspondant n’est pas joignable pour le moment…de tout cela je me fiche je veux juste savoir téou téou si vous désirez modifier votre message tapez 4 le réécouter tapez 5 pour plus d’options… et moi qui suis là glacée errante exilée à relire en vain ces lettere d’amore perdute alors téou téou juste cela & rien de plus c’est promis veuillez renouveler votre appel ultérieurement une absence de concordance des temps intérieurs batterie faible empêche seule la rencontre l’avais-je oublié non bien sûr mais téou ?

_________________

 Le fond musical de ce blog est le Prélude de la première Suite de Bach pour violoncelle,
interprété par 
Philippe Mermoud, 
en libre téléchargement sur son site. Merci à lui .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.... QUELQUES MOTS DE JEAN-MARC COUVE,  février 2010 

"C'est comme un déhanchement, cela tangue et chaloupe, mine de rien, sautille, entrechats, contre-escartpe, sur un chemin escarpé, à la fois inconnu et familier, sans heurts -mais pas à-coups-, de manière fluide et heurtée, un peu, comme d'un bord l'autre, entre deux virées pédestres, les yeux à mi-chemin entre ciel et terre, tournés aussi vers un regard intérieur, un regard qui s'étonne sans être dupe, qui témoigne sans grands mots, ni nul remède, en choisissant chacun des mots, glissant sur la pointe de chacun, pointe acérée, affûtée, par la magie d'une langue qui tour à tour s'aventure, emprunte à ses voisines, déambule, flâne, une langue toute en nonchalance (tout en étant précise), chargée d'embruns, de voyages, partie de rien, mais loin encore d'être revenue de tout, une langue de baroudeuse, en voyage. La langue de Gaëlle Josse passe le quotidien au peigne fin, n'oublie aucun recoin, aucune ombre, flirte avec le doute ici, et là avec l'ironie, oh, mais sans y toucher !

Un pas, un mot après l'autre -je laisse courir mes doigts sur le bastingage du clavier, ravi, sincèrement emporté, embarqué- j'en redemande, comme un enfant émerveillé devant les prouesses savamment préparées -mais l'enfant le sait-il ?- d'une jongleuse, d'une lanceuse de couteaux, d'une cracheuse de feu ou d'une magicienne qui ne laisserait que le hasard au hasard, sans bluff ni trucage, dévoilant/voilant tout à son public de son art, et gardant pourtant l'essentiel de sa science caché aux yeux des indésirables dans les amples manches de ses mouvements naturels. Ecrire comme une respiration, tant régulière que syncopée..."

 

   

 

  ...et sur « Tambours frappés à mains nues »,

le regard de Jean Louis Bernard

  

Cela a commencé par une erreur. Le premier sous-titre -«antienne égarée »- est devenu, par une perversion de mon regard (ou de mon esprit ?) « antenne ». Et, parcourant une première fois le recueil , j’ai vu une superbe libellule bleue volant au-dessus d’un lac de montagne, à la recherche de son antenne perdue. Sans trêve, sans respiration. Car Gaëlle Josse écrit en prose, sans ponctuation (ah si, les seules pauses « imposées » sont les points d’interrogation : elle a compris –ils sont rares, ceux-là- que si quelques choses peut bien faire avancer l’aventure humaine, c’est bien la question sans réponse).

Mais voyez-vous, et c’est là le premier miracle, cette œuvre respire par elle-même. Amplement. Largement. Et paradoxalement (en apparence), ce débit précipité donne au lecteur tout loisir de s’inventer une lenteur personnelle (le comble de la liberté), de faire de son ressenti un territoire, de voyager bien au-delà de sa condition de lecteur.

Et puis le fond. Lucette Desvignes, dans son excellente préface, parle d’ »un ton un peu lassé », de « désenchantement », de « tonalité désabusée ». Oui sans doute. Un pessimisme de la pensée. Qui me semble cependant donner place, ipso facto, à un optimisme de l’action. Une fois les illusions jetées bas, on a toute licence pour s’occuper du réel tel qu’il est. Donc le constat. Qui n’empêche pas le sourire. Le sourire du chat Chester flottant entre deux rives. Le sourire entendu de ceux qui ont vu passer les millénaires. Nous sommes de passage. Nous sommes en exil. Chacun a ses arrangements et ses dérangements. Alors, carpe diem. E voici le deuxième miracle : cette litanie haletante, loin de nous épuiser, nous apaise mentalement et nous aide à avancer à pas de géants dans l’appréhension du monde, loin de la célébration obscène de la réalité et de l’idéalisation stérile du passé.

Je ne citerai pas d’extraits du livre de Gaëlle Josse. Au lecteur d’y errer, d’y égarer ses certitudes, de sursauter devant tant de clins d’yeux culturels, d’y découvrir (je le souhaite pour lui) de quoi alimenter sa réflexion, se laisser bercer par la houle de cette immense phrase, et aussi (mais oui !) trouver la sérénité. « Danser quand même avec dans les yeux la lueur fragile, un peu folle, des jeunes étoiles », disait Pierre Bettancourt. Nous vivons sur un volcan, Gaëlle (creusé par nous-mêmes, mais peu importe), tu l’as montré  ceux qui l’ignoraient encore. Maintenant, invite-nous à danser.

    …Un commentaire de Georges Friedenkraft paru dans la revue Jointure, septembre 2009

 Cet ouvrage exemplaire nous propose un genre poétique trop rarement pratiqué : la prose poétique. En chaque fois dix à vingt lignes, l’auteure sait nous entraîner sur les sentiers de l’insolite, dans des aventures sans ponctuation, où les images se télescopent comme des nébuleuses virtuelles. Qu’on en juge : « en marge toujours l’essentiel s’écrit dans les marges à même la peau à même les mains à l’encre sombre des alluvions… » Ou encore : « il faut bien être de quelque part pourquoi pas d’ici ? là où les arbres déplient en silences leurs capillaires sur un ciel blanc traversé de corneilles… ». Difficile, on le voit, de faire pluls dense dans la présence au monde, plus compact dans le parcours des coulisses de l’être. Plus sonore que le rythme verbal de ces tambours frappés à mains nues. Une manière particulièrement originale d’écrire, dont on peut souhaiter qu’elle inspire d’autres poètes contemporains. 


 

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Ex : Mes Vacances en espagne

Lundi 01 Février 2010 à 11:05

Publié par gaellejosse dans PARU DANS "NOUVEAUX DELITS" janv 2010

Metropolis song

Ô transhumantes cohortes de quels alpages descendues en sacs écharpes paquets barda contre soi serré l'œil au vague rêveur -pas même- paupière lourde et la tête qui dégringole abandon vite repris  on croise des mots des chiffres réduire ce temps qu'on dit contraint c'est poli -on s'y emmerde oui- sauf à lire ou déchiffrer les visages du soir lassés de la journée écouter quelque chose un fado une chanteuse andalouse airs promenés en toute grisaille et voir tomber la nuit bleue -dure pas longtemps le bleu mais quelques instants un ciel d'Italie-

 

Conversations assourdies une stridulante sonnerie réveille le monde on feuillette les journaux et la vie des autres le corps des autres les amours des autres leurs secrets pauvres mises en scène confidences éventées ces magazinières idoles qui s'immolent sur pages glacées & tendances de la saison Bien intéressée la dame en manteau rouge soyez glamour soyez en forme soyez au top restez mince après 82 ans mourrez en beauté fadaises dans l'entonnoir du temps indigestes abondances oui indigestes vraiment

 

je suis dans le train et toi ?et il dit sa vie le cours des choses à lui chacun s'en fiche toujours plus lourdes les paupières sur le journal du jour et les vieilles nouvelles les murs des gares de passage fleuris tagués et lettres blanches sur fond bleu ça va trop vite pour lire de toute façon on n'a pas l'intention d'y aller vivre

Le bleu a fini son heure sans raison on ralentit stoppé en pleine voie pizzas à emporter livraison gratuite à domicile et au bureau on n'en demande pas tant une buée froide dégoulineuse a envahi la vitre et adieu les pizzas à emporter soupirs regards lassés espoir le train repart vers les foyers meulières étroites & closes tu as passé une bonne journée ?

 

écouteuse, voleuse ? comment dit-on pour les voix ? toutes celles qui passent à portée d'oreilles toutes les voix errantes voix dérivantes voix suspendues accrochées en l'air elles sont pour moi c'est ainsi je n'y peux rien elles se croisent se télescopent traversent chahutent je dois avoir un endroit spécial pour les accueillir les garder au chaud

Parfois elles se mettent à parler entre elles sacré bazar dans ma tête ce flot ce flux ces rivages aperçus je leur dis d'arrêter mais elles ne m'écoutent pas j'ai tout essayé pour les ranger dans des boîtes des cartons des caisses sur des étagères rien à faire je ne peux pas leur donner tort après tout une voix c'est fait pour se faire entendre & je m'invite comme ça au bord des vies

Souvent je ne sais plus si c'est dans ma tête ou ailleurs qu'on parle je confonds c'est ça le problème je me suis habituée à vivre avec ces fréquences un peu brouillées éclats de vie en confluences intersections croisements elles prennent leurs aises s'interrompent & s'en retournent sautiller de plus belle

 

St Lazare ralentissement terminus extraction la cohorte saute à quai monstrueux abordage la file noire s'allonge vomie des wagons il faut y aller personne ne rigole vraiment Ah si cette fille-là mais c'est différent elle parle à son téléphone & le jour lui est léger que chacun sache ici sur terre ce soir pour lui elle se fera la plus belle possible belle à mourir insouciante amoureuse bavarde ailée elle n'est plus ici elle court sur un fil bouquet dans une main ombrelle dans l'autre et rit pressée d'atteindre vite la rive du soir & n'être que belle

 

la cohorte a rompu son ordre de marche au bout du quai chacun a repris sa liberté aller à droite/à gauche/en face éviter les corps qui courent à contre-sens à contre-jour à contre-tout la vie c'est par là suivez les flèches les ordinateurs les rendez-vous attendent café court long sucré non sucré ?

 

entre le marchand de journaux best sellers boissons fraîches barres chocolatées cartes téléphoniques et le poste de police il faut plonger sous sol sous terre ligne 13 traversée nord sud couloirs

Les mêmes mendiants tous les jours sacs crevés couvertures en loques entassées petits chiens  dans un panier -ayez pitié oh ayez pitié messieurs dames-

 (…)

 train de vie

(…) comment portez–vous le temps

qui vous porte (…)

 

Alain Freixe

 

 

Tu marches ta vie apprentissages un pied l’autre/un lieu l’autre/une vie l’autre/un songe l’autre/une histoire l’autre tu marches city randonneur/alsphate flâneur/bitume walker/lapin duracell parti pour la journée parti joyeux pour des courses lointaines toutes boussoles fracassées

Tu marches assoiffé glouton & grands désirs Règle numéro un : toujours de l’avant tête haute et pas reculer tu marches boiteux bancal bancroche si tu veux tu marches quand même Règle numéro 2 : équilibre/pesanteur : sinon tu tombes et là cassé pour de bon L’air de rien ou bombé avantageux/content dépend des jours du sens du vent des yeux jolies passantes

 

 

Tu marches finiras bien par arriver ici/là/ailleurs pas d’importance tu colles ensemble les petits stück gaffe pas en paumer rien à revendre essayer dessiner quelque chose pas la grande fresque rêvée pas le temps pas su faire trop dur L’épopée une autre fois les trompettes/lauriers une autre fois souviens toi tu n’es qu’un homme oh non pas de risque faux pas torgnoles luxations châtaignes pas plus que d’autres mais bien ton compte quand même

 

 

 

Tu marches bien occupé collectionner petits morceaux de verre dépolis couleur bleuet séché/vert céladon les galets les coquillages des souvenirs pour l’hiver souvenirs d’eaux douces très douces & des corps au tien violent frottés pour le cri la joie

 

Tu marches ondulations équilibres sur les arêtes du cube/perdu dans les fronces & les plis course sur le fil -pas tomber ce coup-là- tu renâcles tu butes tu bronches tu pleures oh oui tu pleures ta main tendue l’air imbécile & le nombre d’or qui ne tombe jamais juste mais tu marches vivant tu marches so what ?

 

(…)

 

Tu t’es jeté à l’eau/au feu/dans les mains du diable/la gueule du loup/la fosse aux lions/au cou d’une tant belle/sous un train/ c’est la fosse aux lions que je préfère le côté dolman rouge brandebourgs dorés roulement cymbales

Sûr que le lion se fait chier attend son petit tour hop cerceaux rêve de la gamelle bouffer le dompteur et se casser dans la savane Dans le livre c’était un type tout seul dans la fosse les lions n’en ont pas voulu miracle alléluia belles histoires 

Se jeter disais-je oui comme ça n’importe où n’importe comment parce que il faut y aller arrêter de discuter y aller et c’est tout

 

 

Tu bondis comme c’était beau saut de l’ange cascadeux artistique triple salto arrière réception parfaite salut à la foule bravo pour le clown merci msieurs/dames feras encore mieux la prochaine fois sauf gaufrage violent et toi kaputt fauteuil roulant -entre nous préfèrerais pas voir ça-

Toi cabri bondissant jaillissant par-dessus les nuées parcours sans faute ricochant rebondissant la joie la joie qui te mène & bondir encore à tout perdre c’est bien toi ça tu joues/tu gagnes tu joues/tu perds tu joues funambule la beauté du geste mais ceux qui restent à te regarder transis tremblants dis-moi un peu ?

 

Tu t’enfuis parce que la peur/parce que l’ennui/parce qu’une autre/parce que rien plus envie ? tu as filé, détalé comme un lapin garenne pas pressé finir civet plié bagages pris tes jambes/ton cou et la poudre d’escampette par-dessus clé des champs en prime

Parti carapate ciao évanoui en brumes de lacs italiens disparu pris le large et moi qui n’ai pas su te retenir rien su rien vu

La dérobade l’échappée oh non pas si belle triste éloignement & attendre dissipation larmes matinales mais comment donc l’amour un jour se retire ?

 (…)