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25 Mai 2013, Ste Sophie
Accueil » note de lecture sur un recueil de T. VINAU
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"les chiens errants n'ont pas besoin de capuche", Thomas Vinau. GRos textes

Paru dans Pages Insulaires 2009

Gris souris, gris poussière, gris anthracite, gris fer, gris acier, gris ardoise, gris tourterelle, gris perle, gris pommelé, gris de plomb, de bitume, d'asphalte, de fumée, de cendre, de nuages, gris-bleu, gris-brun, vert-de gris : la palette de Thomas Vinau travaille en un subtil chromatisme la couleur des jours de tous les jours.

Entendons là les jours sans gloire, ceux qui patinent, boitent, s'embourbent. Les jours cendreux, pâlots, hésitants. Jour de voiture, de courses/de station essence, de bureau/de papiers, de compte bancaire, de réveil-matin, de sandwich froid(...)/Jour perdu.

Car Thomas Vinau n'est pas même sûr d'être le héros de sa propre vie, et lorsque pénètre un rai de lumière, c'est toujours à pas prudents. Le poète attend un peu pour se réjouir, on ne sait jamais, ça s'enfuit parfois plus vite que l'on croit, la lumière. Alors il se méfie, forcément. J'allume un feu/Billie Holiday souffle dessus/cendres dans l'air/j'ai l'impression/qu'elle me sourit.

Thomas Vinau écrit le blues comme d'autres le chantent ou le jouent. Il pleut d'un janvier gris/J'écoute Elliot Smith/en buvant du café/Aujourd'hui il faudra vivre par petits bouts. Le quotidien est souvent poisseux, contondant, ordinaire et compliqué. Tragique bien sûr, mais on ne va pas en faire toute une histoire. Surtout pas. Aujourd'hui est le souvenir d'hier/C'est perdu d'avance/Certains jours n'existent pas. Peut-être faudrait-il s'enfuir ? Il y a douze mille raisons/de partir de ce trou/mais l'ombre/sur le mur du garage/a fini par le convaincre/de rester.

Et l'amour ? Ah oui, l'amour. Moins fort, s'il vous plaît, et moi je suis vivant/tant que tu restes dans le coin.

Avec ses mots plantés au milieu de la page, des mots qui font la tête, ni gracieux ni jolis ni polis, c'est un son mat, et terriblement juste, qu'il recueille. Celui des jours qui passent, les siens, les nôtres. Levez-vous, orages désirés, ce sera pour une autre fois. Et encore.... Les chiens errants n'ont pas besoin de capuche, dit-il. Soit. Mais peut-être avons nous besoin, nous, des mots de Thomas Vinau. Ils sont ceux d'un frère.

GJ

SOMMAIRE
QUELQUES PHOTOS AU HASARD
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
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    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

PHOTOS EN DEFILE
PIQUEE AU LAPIN D'ALICE..
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  • " Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte. "
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