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25 Mai 2013, Ste Sophie
Accueil » note sur "à l'orée du jour", de Michel Cosem
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A l'orée du jour, Michel Cosem,

éditions l'Arbre à Paroles, 12 euros

 Paru dans Pages Insulaires

A quoi reconnait-on un poète, un vrai s'entend ? Un regard, une voix, -c'est bien le minimum-, et aussi un indiscutable talent à renouveler les thèmes éternels de la poésie, qu'on croyait épuisés.

Le cycle des saisons, le jour, le soir, la lumière, le froid, le feu, quelques oiseaux, un scarabée, une coccinelle, un chevreuil poursuivi par des chiens, un arbre, deux iris bruns au pied d'un mur de pierre, la chaleur, la brume, l'odeur du foin brûlé, le pain sur la table... A la fois vive et apaisée, vibrante et sereine, aigüe et retenue, la sensibilité de Michel Cosem irrigue chacun de ses textes et retient le lecteur dans ses images, dans le flux de ses mots, toujours choisis avec sûreté. Il fait gris loup sous les fougères/L'ombre a sons visage d'orgueil.

Le sens de l'instant, de sa beauté, de sa vérité, la perception de ce qui est et qui va disparaître signent une présence totale, attentive et légère, et une réceptivité absolue à ce qui s'offre à lui. Chut, il faut se taire/il faut à peine bouger les paupières/il faut regarder la feuille de vigne à  l'envers. La vie est là, et bien là, il n'y a qu'à regarder, écouter, toucher, sentir. Poser ses valises, s'asseoir et remonter à la source. Est-ce si compliqué ?

Michel Cosem ne cherche pas l'inspiration, elle vient à lui car il regarde le monde. La beauté est là/inattendue, inespérée/toute blanche et nue/sans mémoire/sans cicatrice. Il y a en lui quelque chose d'un Monet arpentant la campagne, chevalet et boîte de couleurs en bandoulière, célébrant le jour en guettant ses plus infimes nuances de lumière.

 Être là au moment juste, et savoir dire. « Capter la lumière des choses avant qu'elle ne s'éloigne », disait Bashô pour définir l'art poétique du haïku. Par instants, nous n'en sommes pas si loin, avec cette façon qu'a l'auteur de respirer, de poser son regard et de laisser les choses parler d'elles-même, par leur seule présence.

 Nul besoin de lyrisme frémissant, de métaphores existentielles contournées, de fausses audaces, de tentatives stylistiques approximatives. Un dernier raisin est tombé de la grappe/un merle est parti je ne sais où/nul voyageur ne s'aventure/j'ai plongé mes doigts /dans les restes de lumière/et j'attends. Nous sommes ici en poésie. En pure poésie, écrite à l'encre vive du bonheur d'être.

SOMMAIRE
QUELQUES PHOTOS AU HASARD
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  • Manhattan, for pleasure
  • 100NIKON-DSCN1202_DSCN1202.JPG
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
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    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

PHOTOS EN DEFILE
PIQUEE AU LAPIN D'ALICE..
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