• Premier recueil :
    l'empreinte et le cercle

    2005, chez Encres Vives, collection Encres Blanches. 21x29,7. 18 pages. 6, 70 euros

    Extraits :
    _________________

    La chambre entr’ouverte
    sur des sommeils légers
    comme des rubans

    Un rideau glisse
    devant
    une fenêtre blanche
    L’ombre joue
    sur le plancher endormi

    Le silence rêve
    ________________

     Ce qui nous appartient
    demeure à naître
    Où va ce couple
    imparfait
    qui ne veut pas mourir ?

    Il se tourne vers les miroirs
    dissimulés
    dans les obliques
    Leur blessure
    respire

    comme une vie
    _____________ 

    Où nous mèneront nos insouciances
    étoilées 
    Rêver tant qu’il fait jour

    La fin du chant
    arrive avec la nuit
    inconsolable et léger

    Il parle comme
    parlent
    ceux dont la voix s’est perdue
    un jour de cendre
    un jour cerné de peine

    les papillons s’arrêtent
    pour écouter
    _________________

    Les portes effacées
    ouvrent sur un signe léger
    Entre les espaces
    naissent des notes vibrantes
    d’énergie
    intenses et transparentes
    <o:p></o:p>

     Les hivers s’approchent en un retour lent
    comme un adagio<o:p></o:p>

     L’écho réconcilie
    des abîmes de silence
    _________________

    Petites redditions
    infimes lassitudes
    poussières de renoncements
    Recommencement ébauchés
    conquêtes immobiles
    dépassements effacés<o:p></o:p>

     Le modèle finit par ressembler
    à cet autoportrait inachevé
    Une silhouette étroite et solitaire
    qui marche
    un bouquet dérisoire à la main<o:p></o:p>

     Personne sur son chemin à qui l’offrir
    le geste suspendu<o:p></o:p>

    à jamais étonn
    demeure
    ______________________

     


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  • deuxième recueil

    Signes de passage

    Editions Hélices, collectif d'auteurs installé en Seine et Marne. 37 pages, 15x21, 9 euros. 

    Extraits :
    ______________

    Il fait froid d’un coup au fond du ventre quelque chose d’illisible
    y tressaille
    derrière les masques posés de travers - il faut bien vivre tous les jours -
    un voix attend
    le moment pour parler

    Que dire après tant d’absences ?
    ____________

    Dans ce coin d’âme où rien
    ne pousse
    un vent acide s’accorde
    à la danse sauvage
    des jours

    ils cherchent la joie et l’eau
    dans le matin impatient se répète
    leur demande insolente
    absolue
    d’un moment comme un berceau
    _____________

    Le chemin parcouru
    celui à poursuivre
    les feux de bengale lancés
    les étoiles recueillies

     ce qui a touché notre âme
    ce qui s’est égaré le long des jours

    entre élans et retenues
    l’histoire s’écrit
    celle qui hante
    celle qui berce
    celle qui chante solaire
    comme un champ de blé

     échos tatoués au mitan de nos forêts inexplorées
    ______________

    Adossés à nos limites
    dans le roulis des pensées
    l’estompe
    des gestes manqués
    invente une réponse à la vie

    allante
    ___________

    Des heures

    limpides accueillies en dansant
    défilent à la fenêtre
    privée d’ombre leur nudité
    emplit la maison d’abondance joyeuse

    elles abritent les cours d’eaux
    où flottent
    es songes comme des navires de haute
    mer égarés

     la porte se referme silencieusement 
    _______________


    Ce pianissimo recueilli
    sur ton visage
    passerelle
    vers une allégresse étonnée
    appel de douceur

    inépuisable
    _______________

     Quelle équipée quelle traversée de ferveurs en indifférences de fastes en défaites de caprices en confessions de profils aperçus en échos de regards Que faudra-t-il répondre lorsque notre mémoire escalier dérobé viendra à notre rencontre elle insiste De quoi se souviendra-t-on ? La vie plus heureuse plus vibrante que les promesses la vie légère comme une hirondelle parfois Corps noyé dans une béatitude proche de l’infini pleine de toutes les mémoires S’éteint l’été dans ses éclats dispersés les absences se posent au bord de l’âme Ce qui compte s’écrit dans un mouvement de paupières un pli des lèvres un geste retenu Le jardin accueille les chuchotements Au loin le carillon d’un campanile le fleuve ondule le ciel est blanc
    ________________

    Arborescence des rencontres
    ce qui bouscule
    ce qui éclaire
    au gré des étonnements
    avancer
    la vie entre avec le vent
    offerte secrète
    la part qui s’apprivoise

    celle qui demeure

     énigme
    _______________


    Face à notre inaccompli
    songeries abandonnées
    laisses de mer
    sitôt recouvertes

     que possède-t-on
    sinon l’ombre du rêve
    celle qui recueille l’alliance intacte

    de la chair et du temps ?
    ____________


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  •              

     

    Venue à l’écriture par la poésie (cinq recueils, nombreuses publications en revues) Gaëlle Josse publie son premier roman Les heures silencieuses en 2011 aux éditions Autrement, suivi de Nos vies désaccordées en 2012, de Noces de neige en 2013 et du Dernier gardien d’Ellis Island en 2014 chez Noir sur Blanc/Notabilia . L'Ombre de nos nuits parait en janvier 2016, chez Noir sur Blanc/Notabilia également.

    Également parus en édition de poche, ces titres ont remporté de nombreux prix. Ils sont étudiés dans de nombreux lycées et collèges, où Gaëlle Josse est souvent invitée à intervenir, tout comme en librairies et médiathèques. Les Heures silencieuses ont été traduites en plusieurs langues et le Dernier Gardien a de nombreuses traductions en cours.

    Gaëlle Josse est diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique. Après quelques années passées en Nouvelle-Calédonie, elle travaille à Paris et vit en région parisienne. Elle anime par ailleurs, ponctuellement,  des rencontres autour de l’écoute d’œuvres musicales et des ateliers d’écriture auprès d’adolescents ou d’adultes.

    ROMANS :

    - Les heures silencieuses, Éditions Autrement, 2011 (J’ai lu, 2012) Prix Lavinal, Prix du Marais, finaliste du Prix Orange 2011

    - Nos vies désaccordées, Éditions Autrement, 2012 (J’ai lu, 2013) Prix Alain-Fournier 2013, Prix de l’Audiolecture 2013

    - Noces de neige, Éditions Autrement, 2013 (J’ai lu, 2014) Finaliste du Prix 2013 des Bibliothèques pour tous.

    - Le Dernier gardien d’Ellis Island, Éditions Noir sur Blanc/Notabilia, 2014.

    European Union Prize for Literature 2015, Prix des Clubs Rotary 2014, Prix du Grand livre du Mois, Prix de l'Académie de Bretagne-Pays de Loire, Sélection Prix FNAC 2014, finaliste du Prix des libraires 2015, finaliste (en cours) des Prix des Bibliothèques Pour Tous et du Prix CEZAM interentreprises, et nombreux Prix de lecteurs et de médiathèques.

    - L'Ombre de nos nuits, Noir sur Blanc/Notabilia, janvier 2016.

     

    POESIE :

     Nombreuses publications  en revues :

    ARPA, Voix d’encre, N4728, Lieux  d'Etre, Friches, 7 à dire, Florilège, anthologies  Encres Vives, Hélices Poésie, Parterre Verbal, Cahiers Ventura, Multiples

     

    Recueils :

    L’empreinte et le cercle, Encres Vives 2005
    Signes de passage, 
    Hélices/Poésie Terrestre 2007

    Tambours frappés à mains nues, lauréat du prix d'édition poétique Ville de Dijon

    2009, à l'occasion du Printemps des Poètes

    Castillanes/.doc, Encres vives, collection Lieu, mai 2009

     Carnets du Leonardo Express, Encres Vives, collection Lieu, septembre 2009

     

    me contacter : josse.gaelle@hotmail.fr

     

     photo Renaud Monfourny. Les Inrocks

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