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25 Mai 2013, Ste Sophie
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Quelques textes parus dans l'anthologie Parterre Verbal juin 2009

Parterre Verbal, anthologie juin 2009 (extraits)

aperçus avant impression

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j'ai écrit sur un post-it couleur de framboise chimique quelque chose d'important à faire ce matin je me demande bien quoi c'était donc utile de l'écrire mais je l'ai perdu les enfants disent j’ai une mémoire de poisson inférieure ou égale à trois secondes sincèrement il y a des moments j’aimerais bien

 incertain kaléidoscope et oscillations multiples ô vie funambuleuse

et toi petit cheval galopeur frémissant oreilles dressées qu'un rien effraie où vas tu à courir comme ça sur les nervures du temps?

  le sourire tremble dès le matin il faudrait du café chaud & du silence ne pas prendre la voiture mais ce n'est pas toujours possible

 ce qui se joue dans le clos cette chambre auprès d‘un prénom oublié plus oublié que la couleur du papier de la chambre

 ne pas lire nuit gravement à la santé je mourrai d'autre chose alors

écrire un poème en lambeaux ce matin et pas de fleurs dedans

 certains jours je suis de verre & j'ai peur de tomber finir avec les balayures

des désirs fous du soft du light du poétique mais la vie n'est ni soft ni light et poétique pas toujours raison de plus pour s'accrocher à la page blanche même si ça ne sert à rien il y a tant de choses qui ne servent à rien & c'est même tout ce qui est intéressant

 

 remballer la journée soigneusement dans les plis du matin/l'abandonner froissée sur un banc ça dépend des jours

 

 

des impatiences des abandons qui traversent violents comme des désirs des désirs à l’envers

 

 nos pensées en vrac les belles les pas belles les très moches & nous appliqués à danser nos petits menuets pas toujours si gracieux

 

ces voix jaillissantes pour dire la joie dans cette cantate de Bach d'un coup tout va bien

 glissements dérapages embardées conduite dangereuse difficile de faire autrement le temps d'apprendre comme disait l'autre & petits vacillements toujours

 aperçu avant impression juste aperçu quelques impressions

  certain jours on préfère s’asseoir dans les angles bien au fond tassé dans les coins de préférence et pas question de sortir admirer le paysage/ répondre aux questions vous allez bien ? c’est comme ça

___________

 

  

Le lundi 08 juin 2009 à 16h05 dans texte paru dans anthologie PARTERRE VERBAL
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QUELQUES PHOTOS AU HASARD
  • Madame Figaro 12-18 avril 2012
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
  •  

    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

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