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24 Mai 2013, St Donatien
Accueil » ANTHOLOGIE HELICES "Le monde et ses sortilèges"
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Paru en mai 2011 dans l'anthologie du collectif d'auteurs Hélices autour du thème "Le monde et ses sortilèges"
 
 
Le jour s’élance à la rencontre des hommes, la nuit quitte leurs épaules.
C’est un temps entre deux temps, un intervalle insaisissable. J’écoute un pianiste disparu depuis trente ans. Il joue la musique d’un compositeur mort depuis deux cent soixante ans.
L’adagio du Concerto italien parle au cœur des hommes pour l’éternité. J’écoute un pianiste de vingt ans joue qui joue cette musique. Il sait déjà tout de la vie, de la douleur et des rêves que nous poursuivons pour vivre.
Je joue l’adagio, maladroitement, et l’amour du monde, l’amour des hommes et leurs peines entrent en moi.
J’appartiens à la terre. Il n’y a pas de sortilèges. Ni magie ni sortilèges.
Il y a les hommes, les énergies de la terre et des océans, l’eau et le feu, les planètes et les étoiles, les moissons, le vin et les songes.
Il y a cet adagio de Jean-Sébastien écrit un jour de l’année 1726, entendu en rêve et écrit à l’aube, au jour montant, ou au jour plein, ou au jour descendant ou au cœur de la nuit.
Il y a cette musique donnée aux hommes, il y a sa main qui trace des signes sur la page.
Sans hâte la main écrit le rêve et l’offre à tous les hommes. Il n’y a pas de sortilège. Les hommes ont oublié l’amour, ils ont oublié d’aimer l’humanité.
Les chamanes ont perdu le secret du feu et les esprits se sont tus.
L’adagio de Jean-Sébastien parle aux hommes de cet amour oublié au bord des chemins de leurs vies. Les hommes ont inventé des lieux où ils crucifient les hommes.
La terre est rouge de leur sang. La terre frémit de leurs cris. Il n’y a pas de sortilèges. La trace, le reflet, la mémoire d’un enchantement parfois ressurgit. Éperdument nous les cherchons comme Orphée a cherché Eurydice pour la conduire au jour. Et l’ombre heureuse s’est évanouie.

Voir présentation de recueil sur Paperblog
SOMMAIRE
QUELQUES PHOTOS AU HASARD
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
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    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

PHOTOS EN DEFILE
PIQUEE AU LAPIN D'ALICE..
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