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25 Mai 2013, Ste Sophie
Accueil » TEXTE PARU DANS LES CAHIERS VENTURA
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Deux textes, "Triangle du feu" et "Attentions"

triangle du feu______________

A la poursuite du feu toujours courant les hommes à réchauffer leurs aubes froides leurs corps engourdis leurs âmes ensommeillées à rêver de jours incandescents le feu une délivrance

 

Brûler d’amours écarlates d’enfièvrements d’éclairs chasseurs de feu coureurs de vent nous rêvons nos mains comme des braises à toucher le monde à enflammer ce qui fuit Tu es un puits de chair plein de chimèresdit le poète ton désir appelle le feu

 

Toi chercheur d’éblouissements le feu que tu veilles à genoux le tressaillement sinueux des flammes & dans sa lenteur l’aubier qui se dévore tu le cherches jusqu’au fond des océans

 

Ne pas renoncer –pas encore- chair irradiée d’aveuglements & ces feux grégeois qui nous font vivre

silex frotté dans l’ombre de nos peurs dévorant brasier

oh la bougie tremblante tenue par l’enfant sur la toile d’un peintre mort fou du feu de ses ombres sur quelle énigme arrêtée ?

 

Le vin le sang la pourpre battements souterrains sur quelques secrets égarés et je vestale maladroite

ce qui ne brûle pas est perdu la main retombe effacements

 

Un feu pour réchauffer le cœur ombreux de nos labyrinthes là où nous n’osons descendre Traces de vie je suis le feu le vent la torche je suis folle de vouloir des incendies des joies & laisser mourir ce qui ne désire pas

 

Nous mourrons de tiédeur de fermer les yeux d’aimer si peu & d’avoir oublié tous les chants mous mourrons de trop de feu de nous débattre dans les eaux froides indifférence

 

Toucher le feu du monde & voler quelques braises jouir d’un éclat l’offrir en de sauvages partages en rires indociles de lave et de terre le monde fusion pour nos cœurs effrayés Ce qui nous sauvera le feu

attentions___________

Avec une attention de dentellière à croiser les fils penchée sur son carreau c’est ainsi qu’il faudrait s’y prendre avec les gens du temps de la douceur ralentir tant d’attention mais le temps court passe & le vent qui nous pousse sans retour

 

Respirer les jours comme des jardins nous vivons dans des gares pris dans les vagues du temps dans des lieux ouverts où le ciel n’entre pas

 

Nous nous débattons croyant serrer des bouquets dans nos main au soir ne restent que pauvres tiges froissés pétales si loin les parfums d’Arabie rêver douceur l’évidence des mains posées consolation

 

Etanches nous sommes si peu dérangeables dans nos voyages allers venues petits pas pressés hésitants zigzag  nous n’entendons pas ce qui gémit alentour

 

La peur toujours la peur nous nous rêvons comme des dieux nous voulons des parures et des rires pour oublier les gouffres & des abondances qui masquent nos abîmes

 

Ne vouloir qu’être les doigts les yeux posés là en légèreté dessiner arabesques écouter les cœurs tremblements & ne vouloir qu’une voix caresse

 

Revue de poésie "les Cahiers de la Rue Ventura",  chez Claude Cailleau

9 rue Lino Ventura,

72300 Sablé sur Sarthe

Claude Cailleau  est poète et  écrivain.

Vendredi 02 Juillet 2010 à 10h57 dans TEXTE PARU DANS LES CAHIERS VENTURAPoster un commentaire
SOMMAIRE
QUELQUES PHOTOS AU HASARD
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
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    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

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