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20 Mai 2013, St Bernardin
Accueil » textes parus dans LIEUX D'ETRE, 2009
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sans rien de fixe

 au creux des cartons la ville

inhospitalière

la chute étoile

égarée

solitudes dispersées côte à côte et

la terre

misère

miserere

misère errer

 

lisière

ensemble ils rient

ensemble ils boivent

ensemble ils parlent

ensemble ils dansent

et moi au bord

de rire avec eux

de boire avec eux

de parler avec eux

de danser avec eux

au bord

juste

au bord

 presqu’île

des visages des livres des amours des enfants des musiques des joies des voyages des regrets des fêtes des aveux des jardins des heures à écouter glisser les nuages des secrets des chansons allers-retours entre le monde qui bat qui roule qui tourne comme il peut et le creux du cœur qui parfois désire être

seul

exil

 la nuit est verte la nuit est sombre qu’emporte-t-on en exil ? des musiques des nostalgies zal saudade sehnsucht des nourritures qui n’existent pas ailleurs ici la terre ne donne pas le même blé pour le pain ni le même bois pour les violons peux-tu comprendre ?

 

SOMMAIRE
QUELQUES PHOTOS AU HASARD
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MUSIC TOUCH
UN DE MES TEXTES AU HASARD
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    Billie chante. L’orchestre joue et elle chante avec cet infime temps de retard, ce minuscule décalage rythmique qui donne à la voix jazz son balancement particulier, son swing.
    Elle chante derrière, à la poursuite d’un temps qu’elle ne rattrapera pas. Elle chante sous les instruments, au creux d’un halo sonore qui la précède, l’enveloppe, la protège.
    C’est tout le contraire de l’opéra, où le chanteur est devant, en pleine lumière. En majesté. Glorieux. L’orchestre le suit en dessinant le support harmonique qui le porte sans lui faire d’ombre.
     
    Billie n’a rien à montrer, rien à prouver. Sa voix ne cherche pas l’effet, ne cherche pas à être belle. Elle dit sa vie, avec cette voix-là, parce qu’elle lui a été donnée.
    Elle chante parce qu’elle sait faire et c’est tout. Au creux son clair-obscur, sa voix parle d’elle, murmure combien elle aime, combien elle souffre. Sa lassitude est infinie. Depuis longtemps, elle a posé les armes. Comment ne pas aimer Billie ?

    (extrait de La voix grave des femmes qui chantent Malher, inédit)

      

     

PHOTOS EN DEFILE
PIQUEE AU LAPIN D'ALICE..
AU FIL DES LECTURES
  • " Chaque début d'écriture est un retour à la case départ. Et la case départ, c'est un endroit où l'on se sent très seul. Un endroit où aucun de vos accomplissements passés ne compte. "
    Quentin Tarantino 
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